Depuis des années nous quémandons auprès des éditeurs la fourniture de leurs métadonnées pour approvisionner le site internet librairiedialogues.fr.
A dire vrai, en vain, le plus souvent.
A la notable exception d’Editis, des P.U.F et des éditeurs équipés par giantchair.com, auxquels il faut ajouter Thierry Magnier, et très imparfaitement l’école des loisirs, aucun éditeur de la place ne se soucie de prendre au sérieux nos demandes.
Quand les éditeurs de livres, en 1981, voulaient préserver un réseau de libraires et autres revendeurs, riche, dense et varié, les majors du disque faisaient le pari contraire qu’il serait plus profitable de supprimer le réseau de disquaires. Décision funeste. Pour les disquaires. Pour les majors.
Aujourd’hui, n’ayant, pour beaucoup, toujours pas pris la mesure des bouleversements que la révolution numérique entrainera dans l’édition et la librairie, les éditeurs sont en train, par mégarde ou par inertie, de sacrifier leur réseau de libraires revendeurs sur l’internet. Hélas.
A l’heure où, de façon très marginale et modeste, nous passons de l’autre côté du miroir, nous faisant éditeurs nous mettons nos actes en accord avec nos paroles.
A disposition de tous les sites internet de libraires, sans exclusive, et y compris les grands méchants loups d’outre atlantique, à disposition de tous les blogueurs, à disposition de tous les bibliothécaires, à disposition de tous les amateurs de livres, sont disponibles, toutes toutes les métadonnées existantes sur le site de la maison nouvellement créée edition-dialogues.fr.
Des explications claires sont accessibles sur le site, décrivant les différents formats disponibles et les protocoles de récupération. Nous avons mis l'accent sur l'utilisation de standards (ONIX principalement), afin que l'exploitation de ces données ne nécessite aucun développement spécifique.
Bloavez mad.
jeudi 21 janvier 2010
mercredi 13 janvier 2010
Bis repetita placent ?
Il n’est certainement pas d’usage chez les gens bien élevés de se citer soi-même.
Je voudrais cependant renvoyer mes lecteurs, s’il en est, à mon billet du 23 mars 2009 intitulé « la poule aux œufs d’or ».
Il explique les raisons de la crise du disque telle que, comme disquaire, je les ai vues naître et grandir.
Pourquoi le métier de vendre des disques est-il passé aux mains de apple ?
Principalement non pas, comme ont tenté de le faire croire les petits marquis du disque, en raison du piratage mais pour les trois raisons suivantes :
1. Les majors ont délibérément sacrifié le réseau des disquaires, à leurs yeux trop coûteux et suranné.
2. Ces mêmes compagnies ont, par pusillanimité, négligé de proposer sur l’internet une offre acceptable par les amateurs de disques
3. Elles ont, enfin, construit une politique de prix méprisante, aberrante, inacceptable par les clients.
Il m’arrive de me demander, et pas qu’en me rasant le matin, si dans les métiers de l’édition nous ne vivons pas une phase qui ressemble à la phase 1 de la crise du disque. Par mégarde, par inertie, par manque d’attention à la révolution en cours les éditeurs, depuis dix ans, interdisent, en pratique, l’accès à l’internet à leur réseau de libraires.
Il n’est pas douteux que les éditeurs ont, à l’égard des libraires, de bien meilleures intentions que n’avaient les compagnies du disque à l’endroit des disquaires.
Nonobstant les intentions, bonnes ou mauvaises, les positions prises dans la vente de livres « papier » sur l’internet sont des positions prises pour la vente de livres numériques. Les libraires indépendants en sont dramatiquement absents. Le duopole amazon/fnac est en train de rafler la mise alors que les futurs entrants s’appellent google, apple…
« delenda est Carthago » demandait Caton.
« libérez vos métadonnées » messieurs les éditeurs.
Je voudrais cependant renvoyer mes lecteurs, s’il en est, à mon billet du 23 mars 2009 intitulé « la poule aux œufs d’or ».
Il explique les raisons de la crise du disque telle que, comme disquaire, je les ai vues naître et grandir.
Pourquoi le métier de vendre des disques est-il passé aux mains de apple ?
Principalement non pas, comme ont tenté de le faire croire les petits marquis du disque, en raison du piratage mais pour les trois raisons suivantes :
1. Les majors ont délibérément sacrifié le réseau des disquaires, à leurs yeux trop coûteux et suranné.
2. Ces mêmes compagnies ont, par pusillanimité, négligé de proposer sur l’internet une offre acceptable par les amateurs de disques
3. Elles ont, enfin, construit une politique de prix méprisante, aberrante, inacceptable par les clients.
Il m’arrive de me demander, et pas qu’en me rasant le matin, si dans les métiers de l’édition nous ne vivons pas une phase qui ressemble à la phase 1 de la crise du disque. Par mégarde, par inertie, par manque d’attention à la révolution en cours les éditeurs, depuis dix ans, interdisent, en pratique, l’accès à l’internet à leur réseau de libraires.
Il n’est pas douteux que les éditeurs ont, à l’égard des libraires, de bien meilleures intentions que n’avaient les compagnies du disque à l’endroit des disquaires.
Nonobstant les intentions, bonnes ou mauvaises, les positions prises dans la vente de livres « papier » sur l’internet sont des positions prises pour la vente de livres numériques. Les libraires indépendants en sont dramatiquement absents. Le duopole amazon/fnac est en train de rafler la mise alors que les futurs entrants s’appellent google, apple…
« delenda est Carthago » demandait Caton.
« libérez vos métadonnées » messieurs les éditeurs.
mardi 5 janvier 2010
Dialogues Numérique
Hervé Bienvault alias Aldus Man nous demande ce soir le nombre de titres numériques présents au catalogue de la librairie. Arrêt sur image donc. Et bien, comme le précise, Éric Falconnier de Dialogues - en charge notamment du développement de l'architecture ouverte de la plateforme aux côtés de Frédéric Falempin, Caroline Kernen etc. , le catalogue offre 10501 titres différents. Et l'intégration se poursuit.
Clin d'oeil tout particulier "spécial anniversaire" à Xavier Cazin et l'équipe de publie.net !
Clin d'oeil tout particulier "spécial anniversaire" à Xavier Cazin et l'équipe de publie.net !
lundi 4 janvier 2010
Référencement de données et formats
Alors que les plateformes de distribution numérique poursuivent leur développement, les éditeurs, à travers les structures de diffusion/distribution se mettent(-ils) en capacité d'automatiser le référencement de leurs nouveautés (quel que soit le format, papier ou numérique) dans les bases de données à travers la mise à disposition (import) via service FTP propre ou l'export sur serveur client (des libraires, des BDD interprofessionnelles) de données structurées, au mieux au format ONIX... (?)
Derrière un simple EAN 13, c'est tout un écosystème d'informations indispensables à la vie du livre, qui se donne à voir sur les sites des libraires pour le bénéfice des lecteurs. Encore faudrait-il pouvoir obtenir systématiquement le minimum (la fiche du livre), et ses compléments, nommer et donc tracer (retrouver, savoir qu'elles existent) vidéos, extraits d'ouvrages avec ou sans feuilleteur, podcasts - potentiellement proposés par les diffuseurs.
Encore faudrait-il obtenir très largement l'accès à ces données normalisées sans avoir l'impression de demander les clefs du coffre !
Le jeu en vaut pourtant la chandelle.
Derrière un simple EAN 13, c'est tout un écosystème d'informations indispensables à la vie du livre, qui se donne à voir sur les sites des libraires pour le bénéfice des lecteurs. Encore faudrait-il pouvoir obtenir systématiquement le minimum (la fiche du livre), et ses compléments, nommer et donc tracer (retrouver, savoir qu'elles existent) vidéos, extraits d'ouvrages avec ou sans feuilleteur, podcasts - potentiellement proposés par les diffuseurs.
Encore faudrait-il obtenir très largement l'accès à ces données normalisées sans avoir l'impression de demander les clefs du coffre !
Le jeu en vaut pourtant la chandelle.
lundi 16 novembre 2009
La vingt-cinquième heure ?
Imagine-t-on une librairie dont les livres, sur tables, en rayons, seraient présentés sous plastique, habillés d’une couverture blanche sur laquelle le titre en majuscules serait systématiquement tronqué à 30 caractères ?
Pas commode pour les clients n’est-ce pas ?
Suicidaire pour le vendeur, libraire.
Fort heureusement, soucieux de vendre, l’éditeur fournit aux librairies en briques des livres dont les premières de couverture sont colorées, parlantes, dont les quatrièmes présentent, savamment, le contenu.
S’agissant des librairies sur internet il en va tout autrement. Quelques éditeurs savent que des libraires tentent de répondre, sur l’internet, aux besoins de leurs clients (consulter le stock de leur librairie depuis chez eux, acheter des livres, les faire réserver aux heures où les libraires dorment) et essayent de préserver les parts de marché que vient leur contester Amazon.
Ces quelques éditeurs ou groupes d’éditeurs (un très gros : Editis, des « petits » tels Quae, Au Diable vauvert, les Belles lettres, deux poignées d’autres…) fournissent aux libraires sur Internet, au format Onix, via des serveurs FTP, toutes les informations nécessaires (auteur, titre, images de couvertures, prix, …) à une bonne présentation et à une commercialisation efficace des ouvrages. Parfois même une possibilité de feuilleter en ligne les livres. Et, bien sûr, ce sont leurs livres que nous vendons le mieux.
La majorité des autres éditeurs fait comme si Internet n’existait pas.
Je ne crois pas qu’ils aient décidé que deux ou trois librairies sur Internet, Amazon, Fnac, Rue du commerce (ayant les moyens de saisir et scanner pour eux-mêmes dans leurs bureaux ou entrepôts toutes les informations pourtant disponibles chez les éditeurs) suffisent. Ils ont d’autres préoccupations. Ou ils s’en foutent.
Chers amis éditeurs, de grâce, arrêtez de faire semblant de croire que l’internet est dépourvu d’intérêt commercial !
L’enjeu de la bataille n’est pas seulement l’expédition par les libraires de paquets/ficelles contenant des livres Gutenberg. Il s’agit aussi de savoir si, demain, la place qu’Amazon aura prise sera tellement prépondérante que, dans la chaine du livre numérique, vous n’aurez pas un seul libraire indépendant comme interlocuteur.
Alors vice-Président du Cercle de la librairie j’avais bataillé pour la gratuité d’accès pour tous les français à la base Electre biblio (donc pour un autre mode de financement de l’indispensable et remarquable base Electre). Vainement. Quelques éditeurs ne trouvaient pas dans ce combat matière à révolutionner le mode de fonctionnement d’Electre.
Il y a deux ans il y avait nécessité, chers amis éditeurs, que vous pesiez dans la bataille, juridique, des frais de port proposés gratuitement par Amazon aux internautes. Ce port « gratuit » qui rend improbable l’équilibre des comptes des libraires sur l’internet et interdit donc, à la plupart d’entre eux, l’accès au marché. Votre silence dans cette bataille a été assourdissant.
Aujourd’hui, faute que l’accès à Electre ait été libéré (et aujourd’hui la priorité c’est plutôt de sauvegarder Electre), il est nécessaire que vous mettiez tout simplement à disposition des libraires qui le souhaitent, sur un serveur FTP, les fichiers de métadonnées permettant de vendre vos ouvrages.
Est-ce si compliqué ?
Des éditeurs comme Quae, comme le Diable Vauvert, comme Les presses de sciences-po, etc, ont adopté le logiciel de Giantchair. (http://www.giantchair.com : publicité gratuite !). C’est une solution simple. Pratique. Immédiate. Technologiquement irréprochable.
Depuis dix ans déjà il y urgence à libérer les métadonnées.
Chaque jour l’urgence ne devient que plus urgente.
Songez à ce que sont devenues les compagnies « majors » du disque pour avoir délibérément sacrifié le réseau des disquaires, pour avoir, par pusillanimité, négligé de proposer sur l’internet une offre acceptable pour les amateurs de disques, pour avoir, par rapacité, construit une politique de prix méprisante et inacceptable par les clients.
Vraiment, ne nous laissez pas désarmés face à Amazon. Ne laissez pas Amazon seul, ou presque, en lice. Il y va, aussi, de votre intérêt.
Libérez vos métadonnées au profit des vendeurs de livres.
Pas commode pour les clients n’est-ce pas ?
Suicidaire pour le vendeur, libraire.
Fort heureusement, soucieux de vendre, l’éditeur fournit aux librairies en briques des livres dont les premières de couverture sont colorées, parlantes, dont les quatrièmes présentent, savamment, le contenu.
S’agissant des librairies sur internet il en va tout autrement. Quelques éditeurs savent que des libraires tentent de répondre, sur l’internet, aux besoins de leurs clients (consulter le stock de leur librairie depuis chez eux, acheter des livres, les faire réserver aux heures où les libraires dorment) et essayent de préserver les parts de marché que vient leur contester Amazon.
Ces quelques éditeurs ou groupes d’éditeurs (un très gros : Editis, des « petits » tels Quae, Au Diable vauvert, les Belles lettres, deux poignées d’autres…) fournissent aux libraires sur Internet, au format Onix, via des serveurs FTP, toutes les informations nécessaires (auteur, titre, images de couvertures, prix, …) à une bonne présentation et à une commercialisation efficace des ouvrages. Parfois même une possibilité de feuilleter en ligne les livres. Et, bien sûr, ce sont leurs livres que nous vendons le mieux.
La majorité des autres éditeurs fait comme si Internet n’existait pas.
Je ne crois pas qu’ils aient décidé que deux ou trois librairies sur Internet, Amazon, Fnac, Rue du commerce (ayant les moyens de saisir et scanner pour eux-mêmes dans leurs bureaux ou entrepôts toutes les informations pourtant disponibles chez les éditeurs) suffisent. Ils ont d’autres préoccupations. Ou ils s’en foutent.
Chers amis éditeurs, de grâce, arrêtez de faire semblant de croire que l’internet est dépourvu d’intérêt commercial !
L’enjeu de la bataille n’est pas seulement l’expédition par les libraires de paquets/ficelles contenant des livres Gutenberg. Il s’agit aussi de savoir si, demain, la place qu’Amazon aura prise sera tellement prépondérante que, dans la chaine du livre numérique, vous n’aurez pas un seul libraire indépendant comme interlocuteur.
Alors vice-Président du Cercle de la librairie j’avais bataillé pour la gratuité d’accès pour tous les français à la base Electre biblio (donc pour un autre mode de financement de l’indispensable et remarquable base Electre). Vainement. Quelques éditeurs ne trouvaient pas dans ce combat matière à révolutionner le mode de fonctionnement d’Electre.
Il y a deux ans il y avait nécessité, chers amis éditeurs, que vous pesiez dans la bataille, juridique, des frais de port proposés gratuitement par Amazon aux internautes. Ce port « gratuit » qui rend improbable l’équilibre des comptes des libraires sur l’internet et interdit donc, à la plupart d’entre eux, l’accès au marché. Votre silence dans cette bataille a été assourdissant.
Aujourd’hui, faute que l’accès à Electre ait été libéré (et aujourd’hui la priorité c’est plutôt de sauvegarder Electre), il est nécessaire que vous mettiez tout simplement à disposition des libraires qui le souhaitent, sur un serveur FTP, les fichiers de métadonnées permettant de vendre vos ouvrages.
Est-ce si compliqué ?
Des éditeurs comme Quae, comme le Diable Vauvert, comme Les presses de sciences-po, etc, ont adopté le logiciel de Giantchair. (http://www.giantchair.com : publicité gratuite !). C’est une solution simple. Pratique. Immédiate. Technologiquement irréprochable.
Depuis dix ans déjà il y urgence à libérer les métadonnées.
Chaque jour l’urgence ne devient que plus urgente.
Songez à ce que sont devenues les compagnies « majors » du disque pour avoir délibérément sacrifié le réseau des disquaires, pour avoir, par pusillanimité, négligé de proposer sur l’internet une offre acceptable pour les amateurs de disques, pour avoir, par rapacité, construit une politique de prix méprisante et inacceptable par les clients.
Vraiment, ne nous laissez pas désarmés face à Amazon. Ne laissez pas Amazon seul, ou presque, en lice. Il y va, aussi, de votre intérêt.
Libérez vos métadonnées au profit des vendeurs de livres.
jeudi 5 novembre 2009
Contrats d'iboukes
Parlons concrètement de choses concrètes. Les contrats proposés par les e-distributeurs aux libraires pour la vente d’e-books ont le mérite de poser clairement la question du rôle que les éditeurs (ou leurs distributeurs) assignent aux libraires dans la chaine du livre à l’heure numérique.
Si tant est qu’il n’en soit pas l’auteur Maître Pierrat en fera, pour Livres Hebdo, une lecture juridique que je ne saurais faire.
Je me contente ici de les traduire en termes d’économie du livre. Et, disons le tout net, alors que les éditeurs/distributeurs clament haut et fort, et il n’y a aucune raison de ne pas les croire, leur soutien aux libraires auxquels ils se disent (et je les crois) très attachés, les contrats de mandat proposés pour la vente de e-books disent très exactement ceci : la librairie est morte.
Explications :
• Rémunérations
En matière de e-books le e-distributeur prélève à l’éditeur, pour ce que j’en sais, la même somme que le distributeur traditionnel s’agissant de livres Gutenberg : environ 55%.
S’agissant de distribuer des livres « papier » le distributeur conserve par devers lui 18 à 20% qui servent à confectionner des paquets-ficelle, émettre des factures et les recouvrer, payer le diffuseur…Il ristourne donc au libraire (qui ne roule pas sur l’or) 35 à 37% qui servent principalement à payer son travail de sélection (ou celui de ses collaborateurs), de conseil, plus généralement de service, qui servent aussi à payer le transport, la manutention, le stockage, l’encaissement.
Je me souviens d’Olivier Pujol, le brillant polytechnicien qui dirigeait Cytale vers l’an 2000. Quand je lui expliquais qu’on ne pouvait faire tourner une librairie à moins de 30% de remise il me décortiquait la « chaine de valeur » : le coût de la carte bancaire c’est tant, le coût de la caissière c’est tant, le coût du transport c’est tant, etc. J’enlève le transport disait-il, j’enlève le loyer, j’enlève la caissière, mais je garde la carte bancaire, calculez, vous voyez bien : 22% ça vous suffit. Je me souviens lui avoir répondu par ce dicton américain des affaires : « you pay peanuts you get monkeys »
D’autres polytechniciens, sans doute, ont remplacé Olivier Pujol. Le discours reste le même :
« dans l’état actuel de la chaîne numérique vous réalisez de très « importantes économies par rapport à la gestion des livres physiques…la « ‘valeur’ de l’apport de clientèle sur Internet, associé à l’affiliation d’un « site (qui prend en charge la présentation des produits) est en moyenne « de 5 à 7%. S’ajoute à cela sans doute le support client, qui a donc bien « une valeur et les frais bancaires. La commission…intègre bien tous ces éléments »
Voilà un discours qui a le mérite de la clarté.
Dans « l’état actuel de la chaîne numérique » un libraire c’est un site internet qui prend en charge « la présentation des produits », qui supporte des frais bancaires et qui embauche un technicien de second ordre, lequel se ‘démerde’ à expliquer à l’internaute-acheteur pourquoi les DRM, tous différents les uns des autres, qui, chez tel e-distributeur, ne sont pas clairement détaillés, ne lui permettent pas, à lui internaute, d’utiliser son bouquin comme il voudrait.
A ce stade il n’y a plus de libraire. Il y a un service après-vente. Lequel est débordé de travail parce que les foutus DRM (pour protéger des clients supposés voleurs « les droits des auteurs », paraît-il) c’est un bazar sans nom, et plus encore quand ils ne sont pas clairement affichés ; dans ce cas chaque vente d’e-book donne lieu à des explications sans fin, les clients n’y comprenant goutte, et on les comprend eux les clients, tant le site de tel e-distributeur est, pour encore, mal fagoté.
Pour ce service après vente, pour l’encaissement et « la présentation des produits » la rémunération prévue par Numilog c’est 21%, par Eden Livres c’est, pour la première année, 25%, et par Editis c’est 25%.
Reste pour le e-distributeur 30 à 35% de marge. Pour construire une informatique qui n’est pas plus sophistiquée que celle du e-revendeur.
Et à un quart d’heure de SAV par client, quand le site du e-distributeur est techniquement insuffisant, le e-revendeur (on ne saurait parler de e-libraire, et encore moins de libraire) perd sa chemise. Et d’autant plus qu’une librairie (même en ligne !) c’est, aussi, une marque. Une marque c’est-à-dire un capital de confiance investi par des clients. Un capital de confiance qu’il s’agit de ne pas dilapider. Un client qu’il convient de soigner. Auquel on répond quand il pose une question. Auquel on répond bien. Du mieux qu’on peut. Et, pour ce faire, on met au bout de la ligne un libraire, et un ingénieur informaticien, et pas un technicien de second ordre, quelle que soit l’analyse, fausse, de la chaine de valeur que feront toujours tous les polytechniciens de la terre, qui n’ont aucune idée de ce qu’est un client.
• Sélection
Dans « l’état actuel de la chaîne numérique » le site internet du libraire (libraire ?) « affiche les produits ».
Le libraire ne sélectionne rien. Ne fait pas de choix. Il affiche. Intégralement. « La totalité des items numériques ». Et « la politique que la Librairie met en application en sa qualité de mandataire pour l’Offre Numérique » du e-distributeur « est intégralement et exclusivement celle communiquée par » le e-distributeur « en particulier en ce qui concerne : la liste des items numériques… ». Pour tel autre e-distributeur « le LIBRAIRE présentera l’intégralité de l’offre numérique du DIFFUSEUR ». Pour le troisième c’est pareil.
Ainsi il est interdit à www.librairiedialogues.fr de proposer sur son site une offre qui serait différente de celle que pourrait proposer www.ombres-blanches.fr, de celle que pourrait proposer Auchan, Carrefour ou Amazon. Un libraire c’est un écran de 15 ou 17 pouces. Celui du client.
• Conseil
A défaut d’avoir contractuellement le droit de sélectionner « les produits » ou « les items » le libraire a-t-il au moins celui de conseiller des livres numériques ? Que nenni. Le libraire ne peut en effet « en aucun cas conduire de sa propre initiative des opérations promotionnelles, de quelque nature que ce soit, sur les Œuvres Numériques ».
Certes je ne méconnais pas que c’est le régime absurde de la TVA à 19,6% retenu par l’Etat pour la vente de e-books, avec les conséquences fâcheuses qui s’ensuivent en matière de prix de vente (pas de régime de prix imposé de la loi Lang) , qui a obligé les éditeurs à produire des contrats de mandat et à toutes les contorsions qu’ils induisent. Mais tout de même. Rien n’obligeait les éditeurs à sous-rémunérer les libraires vendeurs de e-books, avec les conséquences qu’une rémunération injuste, et pour tout dire indigne, entraine. La confiance est un bien précieux avec lequel il est dangereux de jouer. Et risque fort de perdre la confiance des libraires l’éditeur qui s’apparente tellement à l’oncle Picsou qu’il ne leur laisse que des miettes. Amazon réclame aux éditeurs 70% de remise pour vendre des e-books sur son kindle. Actuellement la gratification c’est 21 à 25%. De 21 à 70 l’écart est trop grand pour qu’il n’y ait pas abus de part et d’autre.
« Dans l’état actuel de la chaine numérique » les e-book c’est 0,2% de part du marché du livre. Fort heureusement le livre Gutenberg, cet objet techniquement indépassable, a de beaux jours devant lui. Mais il y a des situations où les livres numériques peuvent rendre des services aux lecteurs. Et donc il n’y a pas de raison de ne pas collaborer avec les éditeurs pour rendre aux lecteurs le service de leur vendre des e-books, puisque, parfois, ça peut leur rendre service.
Mais de grâce, chers amis éditeurs, rappelez vous cette remarque du bon vieux Président Mao : « celui qui se range en paroles seulement du côté du peuple révolutionnaire, mais agit tout autrement, n’est qu’un révolutionnaire en paroles ». Accordez vos actes avec vos discours. Les libraires ne mourront certes pas de perdre leur temps et leur argent à vendre des e-books. Mais les conditions des contrats de vente de e-books que vous avez écrites sont des conditions qui, d’une part, nient la qualité de libraire, et qui, d’autre part, les ravalent au rang de larbins sous-prolétarisés.
Je sais, chacun sait, pertinemment, que ce n’est pas ce que vous voulez.
Si tant est qu’il n’en soit pas l’auteur Maître Pierrat en fera, pour Livres Hebdo, une lecture juridique que je ne saurais faire.
Je me contente ici de les traduire en termes d’économie du livre. Et, disons le tout net, alors que les éditeurs/distributeurs clament haut et fort, et il n’y a aucune raison de ne pas les croire, leur soutien aux libraires auxquels ils se disent (et je les crois) très attachés, les contrats de mandat proposés pour la vente de e-books disent très exactement ceci : la librairie est morte.
Explications :
• Rémunérations
En matière de e-books le e-distributeur prélève à l’éditeur, pour ce que j’en sais, la même somme que le distributeur traditionnel s’agissant de livres Gutenberg : environ 55%.
S’agissant de distribuer des livres « papier » le distributeur conserve par devers lui 18 à 20% qui servent à confectionner des paquets-ficelle, émettre des factures et les recouvrer, payer le diffuseur…Il ristourne donc au libraire (qui ne roule pas sur l’or) 35 à 37% qui servent principalement à payer son travail de sélection (ou celui de ses collaborateurs), de conseil, plus généralement de service, qui servent aussi à payer le transport, la manutention, le stockage, l’encaissement.
Je me souviens d’Olivier Pujol, le brillant polytechnicien qui dirigeait Cytale vers l’an 2000. Quand je lui expliquais qu’on ne pouvait faire tourner une librairie à moins de 30% de remise il me décortiquait la « chaine de valeur » : le coût de la carte bancaire c’est tant, le coût de la caissière c’est tant, le coût du transport c’est tant, etc. J’enlève le transport disait-il, j’enlève le loyer, j’enlève la caissière, mais je garde la carte bancaire, calculez, vous voyez bien : 22% ça vous suffit. Je me souviens lui avoir répondu par ce dicton américain des affaires : « you pay peanuts you get monkeys »
D’autres polytechniciens, sans doute, ont remplacé Olivier Pujol. Le discours reste le même :
« dans l’état actuel de la chaîne numérique vous réalisez de très « importantes économies par rapport à la gestion des livres physiques…la « ‘valeur’ de l’apport de clientèle sur Internet, associé à l’affiliation d’un « site (qui prend en charge la présentation des produits) est en moyenne « de 5 à 7%. S’ajoute à cela sans doute le support client, qui a donc bien « une valeur et les frais bancaires. La commission…intègre bien tous ces éléments »
Voilà un discours qui a le mérite de la clarté.
Dans « l’état actuel de la chaîne numérique » un libraire c’est un site internet qui prend en charge « la présentation des produits », qui supporte des frais bancaires et qui embauche un technicien de second ordre, lequel se ‘démerde’ à expliquer à l’internaute-acheteur pourquoi les DRM, tous différents les uns des autres, qui, chez tel e-distributeur, ne sont pas clairement détaillés, ne lui permettent pas, à lui internaute, d’utiliser son bouquin comme il voudrait.
A ce stade il n’y a plus de libraire. Il y a un service après-vente. Lequel est débordé de travail parce que les foutus DRM (pour protéger des clients supposés voleurs « les droits des auteurs », paraît-il) c’est un bazar sans nom, et plus encore quand ils ne sont pas clairement affichés ; dans ce cas chaque vente d’e-book donne lieu à des explications sans fin, les clients n’y comprenant goutte, et on les comprend eux les clients, tant le site de tel e-distributeur est, pour encore, mal fagoté.
Pour ce service après vente, pour l’encaissement et « la présentation des produits » la rémunération prévue par Numilog c’est 21%, par Eden Livres c’est, pour la première année, 25%, et par Editis c’est 25%.
Reste pour le e-distributeur 30 à 35% de marge. Pour construire une informatique qui n’est pas plus sophistiquée que celle du e-revendeur.
Et à un quart d’heure de SAV par client, quand le site du e-distributeur est techniquement insuffisant, le e-revendeur (on ne saurait parler de e-libraire, et encore moins de libraire) perd sa chemise. Et d’autant plus qu’une librairie (même en ligne !) c’est, aussi, une marque. Une marque c’est-à-dire un capital de confiance investi par des clients. Un capital de confiance qu’il s’agit de ne pas dilapider. Un client qu’il convient de soigner. Auquel on répond quand il pose une question. Auquel on répond bien. Du mieux qu’on peut. Et, pour ce faire, on met au bout de la ligne un libraire, et un ingénieur informaticien, et pas un technicien de second ordre, quelle que soit l’analyse, fausse, de la chaine de valeur que feront toujours tous les polytechniciens de la terre, qui n’ont aucune idée de ce qu’est un client.
• Sélection
Dans « l’état actuel de la chaîne numérique » le site internet du libraire (libraire ?) « affiche les produits ».
Le libraire ne sélectionne rien. Ne fait pas de choix. Il affiche. Intégralement. « La totalité des items numériques ». Et « la politique que la Librairie met en application en sa qualité de mandataire pour l’Offre Numérique » du e-distributeur « est intégralement et exclusivement celle communiquée par » le e-distributeur « en particulier en ce qui concerne : la liste des items numériques… ». Pour tel autre e-distributeur « le LIBRAIRE présentera l’intégralité de l’offre numérique du DIFFUSEUR ». Pour le troisième c’est pareil.
Ainsi il est interdit à www.librairiedialogues.fr de proposer sur son site une offre qui serait différente de celle que pourrait proposer www.ombres-blanches.fr, de celle que pourrait proposer Auchan, Carrefour ou Amazon. Un libraire c’est un écran de 15 ou 17 pouces. Celui du client.
• Conseil
A défaut d’avoir contractuellement le droit de sélectionner « les produits » ou « les items » le libraire a-t-il au moins celui de conseiller des livres numériques ? Que nenni. Le libraire ne peut en effet « en aucun cas conduire de sa propre initiative des opérations promotionnelles, de quelque nature que ce soit, sur les Œuvres Numériques ».
Certes je ne méconnais pas que c’est le régime absurde de la TVA à 19,6% retenu par l’Etat pour la vente de e-books, avec les conséquences fâcheuses qui s’ensuivent en matière de prix de vente (pas de régime de prix imposé de la loi Lang) , qui a obligé les éditeurs à produire des contrats de mandat et à toutes les contorsions qu’ils induisent. Mais tout de même. Rien n’obligeait les éditeurs à sous-rémunérer les libraires vendeurs de e-books, avec les conséquences qu’une rémunération injuste, et pour tout dire indigne, entraine. La confiance est un bien précieux avec lequel il est dangereux de jouer. Et risque fort de perdre la confiance des libraires l’éditeur qui s’apparente tellement à l’oncle Picsou qu’il ne leur laisse que des miettes. Amazon réclame aux éditeurs 70% de remise pour vendre des e-books sur son kindle. Actuellement la gratification c’est 21 à 25%. De 21 à 70 l’écart est trop grand pour qu’il n’y ait pas abus de part et d’autre.
« Dans l’état actuel de la chaine numérique » les e-book c’est 0,2% de part du marché du livre. Fort heureusement le livre Gutenberg, cet objet techniquement indépassable, a de beaux jours devant lui. Mais il y a des situations où les livres numériques peuvent rendre des services aux lecteurs. Et donc il n’y a pas de raison de ne pas collaborer avec les éditeurs pour rendre aux lecteurs le service de leur vendre des e-books, puisque, parfois, ça peut leur rendre service.
Mais de grâce, chers amis éditeurs, rappelez vous cette remarque du bon vieux Président Mao : « celui qui se range en paroles seulement du côté du peuple révolutionnaire, mais agit tout autrement, n’est qu’un révolutionnaire en paroles ». Accordez vos actes avec vos discours. Les libraires ne mourront certes pas de perdre leur temps et leur argent à vendre des e-books. Mais les conditions des contrats de vente de e-books que vous avez écrites sont des conditions qui, d’une part, nient la qualité de libraire, et qui, d’autre part, les ravalent au rang de larbins sous-prolétarisés.
Je sais, chacun sait, pertinemment, que ce n’est pas ce que vous voulez.
lundi 30 mars 2009
Courants d’ère
En 1980, chacun le sait, Jérôme Lindon et quelques autres éditeurs craignant de voir submergée la librairie par les hypermarchés et la fnac, et par là déstabilisée l’édition, obtiennent des politiques unanimes la loi Lang. Le dispositif du prix unique, en interdisant la guerre du prix des livres, et en sauvant les libraires de la faillite, interdit du même coup à la distribution dite « moderne » de prendre les éditeurs en otage et les exonère du nivellement par le bas auquel une politique différente a conduit les éditeurs de disques.
Aujourd’hui une même guerre économique est conduite par Amazon, qui entraîne la fnac dans son sillage. Les arguments sont les mêmes. La prétendue défense du consommateur. Amazon, chevalier blanc de leur défense, démagogue comme l’étaient les Leclerc, Carrefour et autres Auchan, entend livrer les ouvrages commandés via Internet franco de port. La fnac ne peut faire autrement que de s’aligner et au final les libraires font de même.
S’agit-il vraiment de défendre le droit des consommateurs à recevoir gratuitement à domicile leurs livres que les PTT transportent à grands frais ? Si c’était le cas les frais de port seraient gratuits pour tous les articles achetés sur Amazon. Mais sur Amazon seul le transport des livres est gratuit.
Cette politique a une signification claire. Il s’agit de « ramasser la mise », de rendre impossible aux autres intervenants potentiels l’accès rentable au marché. Au demeurant c’est efficace. France Telecom vend Alapage.
Non stratégique dit-on chez l’opérateur téléphonique. Sans doute. Absolument non rentable aussi.
Non rentable ? Illustration : sur le site de la librairie Mollat les frais de port sont offerts à l’internaute dès que son panier atteint 20 euros. On peut supposer, dès lors, que pour ne pas payer de port les internautes dépensent 24,50 euros, ce qui représente le prix moyen de deux livres. La remise que les éditeurs consentent au libraire bordelais pour vendre ces deux livres s’élève à 8,82 euros. Le libraire de Gironde a « choisi »* la poste, en colissimo, pour transporter ses colis. Le prix minimum d’un colissimo est de 7,29 euros. Il reste donc à mon ami Mollat 1,53 euros soit 6,58% de marge pour rémunérer ses équipes et payer ses charges.
Aucun libraire, aucun magasin au monde, aucun site internet ne peut fonctionner avec 6,58% de marge brute.
Amazon France perd année après année de l’argent. Et la maison mère recapitalise sa filiale.
L’objectif est clair. Interdire aux concurrents moins puissants l’accès au marché.
Et il ne s’agit pas que d’adresser des livres-papiers dans des colis-ficelles par la poste. Il s’agit de prendre place, et si possible toute la place, pour la vente de livres numériques.
Le rapport Patino remis au ministre de la culture recommande que la loi Lang ne puisse s’appliquer au livre numérique. Et propose que la TVA reste fixée à 19,6%. On ne peut mieux encourager les belligérants à commencer la guerre du prix des livres numériques.
Autres temps autres mœurs. En 1980 les pouvoirs se souciaient pour conserver une édition diverse et indépendante de mettre le réseau des librairies à l’abri des pratiques barbares de la « grande » distribution. Que la toute puissante et remarquable compagnie Amazon tâche de s’octroyer le monopole de la vente des livres sur Internet et s’efforce d’asphyxier ceux qui s’y risquent semble aujourd’hui n’émouvoir en rien les pouvoirs publics. Et le silence des éditeurs (tétanisés ?) est assourdissant.
* pour ce qui est de l’expédition, en réalité, on n’a pas le choix. On subit la poste. Et elle est très chère
Aujourd’hui une même guerre économique est conduite par Amazon, qui entraîne la fnac dans son sillage. Les arguments sont les mêmes. La prétendue défense du consommateur. Amazon, chevalier blanc de leur défense, démagogue comme l’étaient les Leclerc, Carrefour et autres Auchan, entend livrer les ouvrages commandés via Internet franco de port. La fnac ne peut faire autrement que de s’aligner et au final les libraires font de même.
S’agit-il vraiment de défendre le droit des consommateurs à recevoir gratuitement à domicile leurs livres que les PTT transportent à grands frais ? Si c’était le cas les frais de port seraient gratuits pour tous les articles achetés sur Amazon. Mais sur Amazon seul le transport des livres est gratuit.
Cette politique a une signification claire. Il s’agit de « ramasser la mise », de rendre impossible aux autres intervenants potentiels l’accès rentable au marché. Au demeurant c’est efficace. France Telecom vend Alapage.
Non stratégique dit-on chez l’opérateur téléphonique. Sans doute. Absolument non rentable aussi.
Non rentable ? Illustration : sur le site de la librairie Mollat les frais de port sont offerts à l’internaute dès que son panier atteint 20 euros. On peut supposer, dès lors, que pour ne pas payer de port les internautes dépensent 24,50 euros, ce qui représente le prix moyen de deux livres. La remise que les éditeurs consentent au libraire bordelais pour vendre ces deux livres s’élève à 8,82 euros. Le libraire de Gironde a « choisi »* la poste, en colissimo, pour transporter ses colis. Le prix minimum d’un colissimo est de 7,29 euros. Il reste donc à mon ami Mollat 1,53 euros soit 6,58% de marge pour rémunérer ses équipes et payer ses charges.
Aucun libraire, aucun magasin au monde, aucun site internet ne peut fonctionner avec 6,58% de marge brute.
Amazon France perd année après année de l’argent. Et la maison mère recapitalise sa filiale.
L’objectif est clair. Interdire aux concurrents moins puissants l’accès au marché.
Et il ne s’agit pas que d’adresser des livres-papiers dans des colis-ficelles par la poste. Il s’agit de prendre place, et si possible toute la place, pour la vente de livres numériques.
Le rapport Patino remis au ministre de la culture recommande que la loi Lang ne puisse s’appliquer au livre numérique. Et propose que la TVA reste fixée à 19,6%. On ne peut mieux encourager les belligérants à commencer la guerre du prix des livres numériques.
Autres temps autres mœurs. En 1980 les pouvoirs se souciaient pour conserver une édition diverse et indépendante de mettre le réseau des librairies à l’abri des pratiques barbares de la « grande » distribution. Que la toute puissante et remarquable compagnie Amazon tâche de s’octroyer le monopole de la vente des livres sur Internet et s’efforce d’asphyxier ceux qui s’y risquent semble aujourd’hui n’émouvoir en rien les pouvoirs publics. Et le silence des éditeurs (tétanisés ?) est assourdissant.
* pour ce qui est de l’expédition, en réalité, on n’a pas le choix. On subit la poste. Et elle est très chère
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